Les managers aussi sont sujets aux risques psychosociaux, comment y remédier ?

21/06/2016

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Parler de risques psychosociaux conduit à parler de management et du rôle des managers. Le manager est aussi une cible potentielle pour les risques psychosociaux puisqu’il est l’interface entre son équipe et son propre encadrement.

1. Le manager est une cible potentielle pour les risques psychosociaux :

  • Par sa position dans l’entreprise :

Le cadre est une cible potentielle puisqu’il est l’interface entre l’équipe qui doit mettre en œuvre et le direction (le stratège) qui décide de la stratégie. Le cadre se trouve souvent « entre le marteau et l’enclume ».

Le cadre doit exiger d’avoir toutes les informations de la direction pour bien mettre en œuvre.  Il est au contact du terrain (contrairement à la direction) il peut donc remonter des informations du terrain au stratège.

  • Par l’évolution des méthodes de travail

Tous les outils et objectifs sont porteurs d’une pression.

De nombreuses personnes qui travaillent considèrent actuellement qu’elles travaillent en mode dégradé. C’est le concept de qualité empêchée : « le travail tel qu’on me demande de le faire m’impose de faire du travail de mauvaise qualité, donc je produis en permanence des choses de mauvaise qualité » …

  • Par la logique de mutualisation :

Cette mutualisation a des effets délétères, certaines personnes doivent se déplacer, changer de métier (renoncer à tout ce qu’elles ont appris jusqu’à présent) : la personne redevient une débutante, doit de nouveau se former, reconstruire un parcours professionnel.

Le cadre doit alors conduire son équipe à changer de métier, de lieu de travail : c’est un exercice difficile…

  • Par l’évolution du rapport au travail :

Les personnes qui travaillent souhaitent que leur travail ait du sens, qu’il soit intéressant et qu’il n’empiète pas trop sur leur vie privée.

L’équipe managée par le cadre perçoit le cadre comme non exposé aux risques psychosociaux, les directions sous-estiment également la difficulté du rôle de cadre.

Le cadre tend souvent à ne pas exprimer ses difficultés qui peuvent être considérées comme des faiblesses. Mais un cadre qui va mal, c’est une équipe qui va mal. Le cadre ne doit pas laisser croire qu’il maîtrise tout et ne se trompe jamais, qu’il est infaillible car il se met alors beaucoup de pression.

2. Comment le manager peut-il se préserver du stress professionnel ?

La gestion du stress est née dans les années 50 : on distingue habituellement le stress positif qui donne des ressources supplémentaires et le stress négatif qui empêche d’agir, fait perdre ses moyens et est pourvoyeur de pathologies s’il devient chronique. Il existe de nombreux moyens pour tenter de lutter, à titre personnel, contre le stress négatif.

  • Sur le plan cognitif :

Il faut tenter de percevoir les situations sous un angle nouveau : on parle de réévaluation cognitive.

Face à un moment jugé difficile à vivre il faut s’interroger sur les traces que cet événement aura laissé quinze jours plus tard : par exemple être retardé en raison des embouteillages est le plus souvent sans conséquences lourdes…

  • Sur le plan professionnel :

Apprendre que l’on peut dire non : refuser de faire plaisir est parfois une façon de se protéger. Le manager qui ne sait pas dire non finit par s’effondrer car il augmente sa charge de travail.

Déléguer : manager c’est aussi "savoir-faire faire". Déléguer c’est confier une tâche, responsabiliser et contrôler.
C’est une façon de se centrer sur ses propres priorités. Il faut définir précisément ce qui est délégué, être soucieux de la charge de travail de celui à qui l’on délègue.

Communiquer : il faut veiller à ce que parler serve à quelque chose, s’exprimer de telle manière que cela soit utile, sur le modèle de la communication non violente : on ne met pas l’autre en cause mais on évoque ses propres ressentis (on débute une phrase par je et non par tu ou vous…)

En pratique managériale, parler doit faire avancer les choses…
Eviter de surinvestir sur le volet professionnel et se ressourcer sur le volet extraprofessionnel.

  • Sur le plan personnel :

Compenser sur le plan personnel, la vie professionnelle doit laisser de la place à la vie personnelle (vie familiale, affective, culturelle, sociale, etc.)

Organiser ses facteurs de plaisir : identifier les facteurs de plaisir et les cultiver…

Organiser des ruptures : ponctuer une journée d’instants qui permettent une prise de distance (pauses, changements d’activité, échanges avec collègues pour avis) sinon nous finissons par nous asphyxier…

  • Sur le plan physiologique :

La respiration : des techniques respiratoires visent à apaiser les tensions (rythme, ampleur).

Les techniques musculaires : tensions puis détente des muscles

  • L'alimentation et le sommeil :

Les effets de sur ou sous-alimentation contribuent à aggraver l’épuisement de l’organisme.

Le sommeil doit être préservé car c’est un puissant facteur d’équilibre :il faut le protéger en restant vigilant sur les moyens chimiques. Choisir une activité propice à l’endormissement comme temps de préparation au sommeil : mieux vaut lire que regarder un écran…

  • L'hygiène de vie :

L'exercice physique développe la résistance et permet une prise de distance.

Eviter les substances « aidantes » : tabac, drogue, alcool. Le stress conduit souvent à ce type de piège dans la mesure où ces substances peuvent apparaître comme aidant à supporter ou affronter des situations difficiles.

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